Pour traverser le Colorado, j’ai choisi l’autoroute 70 parce que je dois avancer un peu plus vite. Sinon, je vais rater la mienne, de rentrée.

Cette traversée restera inoubliable. Rappelons d’abord que les montagnes du Nouveau-Mexique et du Colorado sont la suite (et la fin) des Rocheuses canadiennes. Variée de Grand Junction jusqu’à Denver, la 70 nous arrache des oh! et des wow!; pendant 350 km, elle tangue, monte, descend… Impossible de faire de la vitesse. Alors que les Étasuniens peuvent légalement filer à 120 km/h, ici ce n’est que 105, et on aborde certaines courbes à 70 km/h. L’avantage aussi est qu’elle propose des haltes «point de vue» ou «aires de stationnement» très fréquentes.
Après une pause de quelques heures à Glenwood Canyon près de la rivière Colorado (qui suit l’autoroute comme nous), une série de stations balnéaires attirent notre attention. Vail, Avon, Frisco, Telluride, tout aussi chic l’une que l’autre, offrant condos et boutiques à la IntraWest : ski l’hiver, spa et golf l’été. Les fous de ski y sont heureux : des sommets atteignant des 9 et 10 mille pieds d’altitude. À Vail (environ à mi-chemin entre Grand Junction et Denver), on retrouve la plus haute de toutes ces montagnes rocheuses, le mont Elbert de plus de 13 mille pi. Je l’ai vu de loin,  contente pour Gontran de ne pas avoir eu à le grimper… Pas de photo. M’arrêter à Sylverthorne m’a suffi (je cherchais un endroit où dormir) : moi, le cœur me lève dans ces endroits d’hyper consommation. J’ai fait 3 ou 4 coins de rue et hop, retour sur l’autoroute. Tapez Vail dans votre moteur de recherche, vous le trouverez.

La nature s’impose ici avec toute sa force. Gontran les a escaladées lentement mais bravement, ces montagnes, dépassant tout de même les poids lourds. Me suis arrêtée au sommet de la 10 mille pieds, Gontran était bouillant, mais les aiguilles étaient au beau fixe. Je lui ai laissé le temps de reprendre son souffle avant de repartir (moi c’était le contraire, j’en manquais, de souffle).
L’illusion d’optique y est puissante. Je ne comprends pas que la rivière Colorado descende alors que moi, en sens inverse, je descends aussi. Puis Gontran perd de la vitesse, m’avisant ainsi que nous remontons plutôt. Il me faut consulter les niveaux dans notre cabine pour y croire. Des tunnels ont été creusés dans le roc afin d’adoucir le trajet. Il demeure un trajet difficile (pour les vieux comme Gontran et Mamie en cavale, s’entend), mais un à suivre.
À la fin, les petites villes de Georgetown et d’Idaho Springs m’ont réconciliée : elles sont simples et charmantes. J’aurais bien aimé y passer du temps, mais pas de camping, et entre la montagne et la rivière, peu d’espace pour s’y glisser clandestinement. C’est ainsi que je me suis retrouvée à dormir dans le stationnement de la bibliothèque de Golden, juste avant Denver. C’était parfait. La police a fait une ronde et est repartie, nous laissant tranquilles,  une autre autocaravane et nous. Vous verrez l’endroit en photos.

Épuisée de cette vadrouille sous des chaleurs torrides (mon dos commençait à fatiguer, vous devinez que je force en solidarité avec mon brave ami), je me suis terrée dans un coin perdu et désertique, nommé Sterling, à l’extrême est du Colorado, ne méritant pas la plus petit photo. J’y ai dormi 3 jours,  la clim à fond et les rideaux baissés (entre 10 et 18 h personne ne bouge). Parce que monter vers le nord n’y change rien : il fait encore 40 degrés le jour. Je vous reviendrai en forme bientôt.

Même si les photos sont présentées en cercles, vous pouvez toujours cliquer sur la première afin d’accéder au diaporama. Si une photo vous intrigue dans le diaporama, cliquez sur la partie droite de votre souris et vous la verrez en grand format.

20 thoughts

  1. Merci « Mamie » pour ces magnifiques photos et vos agréables descriptions. C’est comme si on y était! J’ai toujours hâte de vous lire. Suggestion: vous devriez suggérer votre récit à Yannick Gervais des Aventuriers Voyageurs pour une future ciné-conférence. Ce serait « full » intéressant. Au plaisir de vous lire.

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  2. Je pensais à une pie bavarde à cause de sa longue queue,mais je ne reconnais pas son bec.Il est trop allongé.Montre la photo a un américain,il saura peut-être.Cet oiseau m’intrigue

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  3. Parfois,j’ai l’impression de manquer de souffle en vous suivant toi et Gontran dans les côtes et les montagnes.Ton VR est vraiment en ordre pour faire toute cette route

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