J’ai passé outre le Kansas. En Oklahoma, j’ai touché le centre des US. Trois mille km et seulement au centre. Voyez comme je voyage beaucoup : de Cuba, me voici à Miami… en Oklahoma. On dirait qu’ils manquent d’idée pour les noms de ville. Combien de Springfield aux États? Dix-sept. Vous dites que je vais vite: 3,700 km en 19 jrs: 194,73 km/jour. La plupart font la Route en 3 semaines. Moi, en 17 jours, je n’en suis pas encore à la moitié. Alors, pas de panique.
Voici donc l’Oklahoma.

À Miami, j’ai visité le musée de la moto. Oui, Mamie en cavale est une « biker » déguisée. Le musée en compte une bonne trentaine, dont des célèbres comme celles d’Easy Riders. J’ai plein de photos de ces vieilles bécanes, mais elles sont pour mes fils vroum-vroum. En voici 2 pour vous.

Belle, non?
Belle, non?


Le vieux théâtre allait fermer; le préposé nous (un couple de Français était là aussi) donne 5 minutes, puis 2 minutes de plus… Clic, clic, les appareils flashent! Vous en verrez les photos dans la galerie à la fin du texte. Magnifique, gracieux, élégant, tout ce que vous pouvez imaginer. Puis, je me perds dans la campagne environnante.

Les puristes trouveront peut-être que je rate des beautés de la Route 66. Moi, je vais où le cœur me mène. Si je rate une rue : dommage, je verrai ce qu’il y a à la prochaine. Et parfois, ça me donne de belles découvertes. Après une bonne quinzaine de km, à la fin de l’après-midi, perdue, affamée, livide, en proie à la détresse (totalement faux!), j’arrive dans le pays des Cherokees, des Quapaws (moins nombreux) et des Wyandottes (il y en a beaucoup au Missouri et ici aussi en Oklahoma). Vers 18 h arrive un gars qui m’offre des tomates. Comment sait-il que je suis accro aux tomates, comment sait-il que je suis en manque de tomates??? Il me laisse avec un sac plein pour 2$, et me promet de revenir le lendemain avec des concombres et des poivrons. Je dévore les petites tomates, toutes juteuses, sucrées, en apéro; je garde les grosses pour mes salades du midi.
Pêcheur à FairlandLe soir, les gens viennent pêcher le poisson-chat, assis au bord de la rivière. Il y a aussi de l’alligator gor, mais ils n’en veulent pas. J’en vois sauter pour se nourrir quand le soleil baisse. Ce matin, ce sont huit bateaux de pêcheurs qui sont arrivés. Tôt : ils nous ont réveillées à 7 h. Nous sommes contentes de profiter de cette grande nature pendant deux jours. C’est calme, même si c’est sis entre la route et la voie ferrée. Celle-ci est de l’autre côté de la rivière, mais on entend les convois ferroviaires comme s’ils passaient à nos pieds. La nuit passée, le ciel était tapissé d’étoiles. La nature imprime en nous une grande quiétude. Oui, nous, Cléo le ressent autant que moi : elle est toute détendue. La température aussi est plus clémente : la nuit, 20 degrés et le jour, 27, mais sans humidité. Jalouses, jaloux????

Quand le soleil est au zénith, les bateaux reviennent avec leur pêche. Deux d’entre eux s’installent près de Gontran; ils s’affairent à nettoyer et à tailler des filets.
Je le mangerai.

Je me précipite (non, en dedans ça se précipite, mais ça ne parait pas en dehors), Cléo à mes trousses, le museau en feu. Parle, parle, je me décide : Vous m’en vendriez pas un peu? Je l’insulte : ils m’en donneront. Je cours chercher un contenant. Après deux filets, je les remercie; l’un s’étonne : mais vous avez rien! Bien d’ac, je rouvre mon sac, et là il ne se gêne pas. J’en ai pour au moins deux gros repas. Sa recette : laisser dans un 7up pendant trente minutes… J’ai compris l’idée du sucré : c’est un poisson plus acide. Je l’ai fait «mariner» dans du lait de coco et je l’ai accompagné du maïs sucré de mon mystérieux fermier : un délice. Oui, il est revenu mon fermier bio, avec des mais en plus, dont un bout est un peu dévoré : mais c’est la part des petites bêtes, c’est bio, me dit-il. Trois dollars pour 4 concombres, 6 poivrons et 2 maïs. Voici ce que ça donne en image (c’est vrai que j’ai une hache coupante) :

1re étape
1re étape
2e étape
2e étape
3e étape
3e étape
4e étape
4e étape

Pour Mamie en cavale, un voyage doit avoir sa part de plaisirs gourmands : je trouverai cette énorme tarte au citron au Clanton’s café à Vintina le lendemain.

La Piste des Larmes (en cherokee : Nunna daul Isunyi « La piste où ils ont pleuré »,) a commencé au Missouri. Cette route a été empruntée par les autochtones entre 1831 et 1838 pour revendiquer leurs droits. Ces populations vivant sur leurs terres ancestrales en ont été dépouillées vers 1830 pour les remettre à des colons blancs, en application de l’Indian Removal Act. Beaucoup sont morts sur cette Piste. Les Cherokees sont aujourd’hui le plus important groupe autochtone du pays. Je suis contente d’être avec eux. La présence des autochtones est forte ici: plusieurs lieux touristiques, des boutiques souvenirs, des évocations fréquentes… sent-on le besoin de se racheter?
Pour celles et ceux qui rêvent de la Route, voici la localisation du camping Twin Bridges State Park à 20$ la nuit, eau et électricité. Les plus de 62 ans bénéficient d’une réduction de 2$. C’est à la jonction de deux rivières : la Spring River (plus petite) et la Neosho Grand River, très longue et formant des bassins à l’allure de lacs. C’est à la jonction des routes 137 et 60, entre Seneca et Fairland.

Et le visuel… À+

 

17 thoughts

  1. Je viens juste de vous trouver, en passant par les Retraités Flyés. Je vous lis depuis au moins deux heures. Oui, je suis jalouse! Surtout en Oklaoma, pays des Cherokees, des tomates, de la belle tarte et surtout pas d’humidité… Mon rêve! Merci à vous de partager cette audacieuse et belle aventure.

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